Etude texte 1 : Portrait de Jean Valjean

 

Composition : physique / vêtements

Caractérisation (positif / négatif)

Du portrait physique au portrait en situation (via le dialogue)

Regard de J.V. sur lui-même

Regard de l’administration pénitentiaire

Regard de Mgr Magloire

 

 

Jean Valjean à Digne

Dans les premiers jours du mois d'octobre 1815, une heure environ avant le coucher du soleil, un homme qui voyageait à pied entrait dans la petite ville de Digne. Les rares habitants qui se trouvaient en ce moment à leurs fenêtres ou sur le seuil de leurs maisons regardaient ce voyageur avec une sorte d'inquiétude. Il était difficile de rencontrer un passant d'un aspect plus misérable. C'était un homme de moyenne taille, trapu et robuste, dans la force de l'âge. Il pouvait avoir quarante-six ou quarante-huit ans. Une casquette à visière de cuir rabattue cachait en partie son visage brûlé par le soleil et le hâle et ruisselant de sueur. Sa chemise de grosse toile jaune, rattachée au col par une petite ancre d'argent, laissait voir sa poitrine velue ; il avait une cravate tordue en corde, un pantalon de coutil bleu, usé et râpé, blanc à un genou, troué à l'autre, une vieille blouse grise en haillons, rapiécée à l'un des coudes d'un morceau de drap vert cousu avec de la ficelle, sur le dos un sac de soldat fort plein, bien bouclé et tout neuf, à la main un énorme bâton noueux, les pieds sans bas dans des souliers ferrés, la tête tondue et la barbe longue.

La sueur, la chaleur, le voyage à pied, la poussière, ajoutaient je ne sais quoi de sordide à cet ensemble délabré.

 

A Digne, le voyageur finit par sonner à la porte de l'évêque de la ville. Voici ce qu il lui déclare.

- Je m'appelle Jean Valjean. Je suis un galérien. J'ai passé dix-neuf ans au bagne. Je suis libéré depuis quatre jours et en route pour Pontarlier qui est ma destination. Quatre jours que je marche depuis Toulon. Aujourd'hui, j'ai fait douze lieues à pied. Ce soir, en arrivant dans ce pays, j'ai été dans une auberge, on m'a renvoyé à cause de mon passeport jaune que j'avais montré à la mairie. [...] Je suis très fatigué, douze lieues à pied, j'ai bien faim. Voulez-vous que je reste?

- Madame Magloire, dit l'évêque, vous mettrez un couvert de plus.

L'homme fit trois pas et s'approcha de la lampe qui était sur la table.

- Tenez, reprit-il, comme s'il n'avait pas bien compris, ce n'est pas ça. Avez-vous entendu ? Je suis un galérien. Un forçat. Je viens des galères. - Il tira de sa poche une grande feuille de papier jaune qu'il déplia. - Voilà mon passeport. Jaune, comme vous voyez. Cela sert à me faire chasser de partout où je suis. Voulez-vous lire ? Je sais lire, moi. J'ai appris au bagne. Il y a une école pour ceux qui veulent. Tenez, voilà ce qu'on a mis sur le passeport :

« Jean Valjean, forçat libéré, natif de.. . - cela vous est égal...

Est resté dix-neuf ans au bagne. Cinq ans pour vol avec effraction. Quatorze ans pour avoir tenté de s'évader quatre fois.

Cet homme est très dangereux. »

Voilà! Tout le monde m'a jeté dehors. Voulez-vous me recevoir, vous ? Est-ce une auberge ? Voulez-vous me donner à manger et à coucher ? Avez-vous une écurie ?

-        Madame Magloire, dit l'évêque, vous mettrez des draps blancs au lit de l'alcôve.

Victor Hugo, Les Misérables, première partie, II, 1 et 3 1862. 

Dans les premiers jours du mois d'octobre 1815, une heure environ avant le coucher du soleil, un homme qui voyageait à pied entrait dans la petite ville de Digne. Les rares habitants qui se trouvaient en ce moment à leurs fenêtres ou sur le seuil de leurs maisons regardaient ce voyageur avec une sorte d'inquiétude.

Le portrait proprement dit : portrait en pied

1)       Composition 

2)       Repérages éléments décrits : physique / vêtements

Il était difficile de rencontrer un passant d'un aspect plus misérable. C'était un homme de moyenne taille, trapu et robuste, dans la force de l'âge. Il pouvait avoir quarante-six ou quarante-huit ans. Une casquette à visière de cuir rabattue cachait en partie son visage brûlé par le soleil et le hâle et ruisselant de sueur. Sa chemise de grosse toile jaune, rattachée au col par une petite ancre d'argent, laissait voir sa poitrine velue ; il avait une cravate tordue en corde, un pantalon de coutil bleu, usé et râpé, blanc à un genou, troué à l'autre, une vieille blouse grise en haillons, rapiécée à l'un des coudes d'un morceau de drap vert cousu avec de la ficelle, sur le dos un sac de soldat fort plein, bien bouclé et tout neuf, à la main un énorme bâton noueux, les pieds sans bas dans des souliers ferrés, la tête tondue et la barbe longue.

La sueur, la chaleur, le voyage à pied, la poussière, ajoutaient je ne sais quoi de sordide à cet ensemble délabré.

         3)    Caractérisation : relevé des adjectifs : positifs / négatifs

                                                              Relevé des groupes nominaux et participes

Bilan : les caractérisations possibles 

                Le regard porté sur … : par qui est vu  J. Valjean ?

J. V. = même plus vraiment un homme (délabré / sordide = chose)

                En deçà de l’humanité (sans être un animal)

A Digne, le voyageur finit par sonner à la porte de l'évêque de la ville. Voici ce qu il lui déclare.

Lecture du passage avec aspect bourru de J. V. / Mgr Myriel

Portrait en situation :  un dialogue ? (trois interlocuteurs)

Regard de Jean Valjean sur lui-même 

- Je m'appelle Jean Valjean. Je suis un galérien. J'ai passé dix-neuf ans au bagne. Je suis libéré depuis quatre jours et en route pour Pontarlier qui est ma destination. Quatre jours que je marche depuis Toulon. Aujourd'hui, j'ai fait douze lieues à pied. Ce soir, en arrivant dans ce pays, j'ai été dans une auberge, on m'a renvoyé à cause de mon passeport jaune que j'avais montré à la mairie. [...] Je suis très fatigué, douze lieues à pied, j'ai bien faim. Voulez-vous que je reste?

- Madame Magloire, dit l'évêque, vous mettrez un couvert de plus.

L'homme fit trois pas et s'approcha de la lampe qui était sur la table.

- Tenez, reprit-il, comme s'il n'avait pas bien compris, ce n'est pas ça. Avez-vous entendu? Je suis un galérien. Un forçat. Je viens des galères. - Il tira de sa poche une grande feuille de papier jaune qu'il déplia. - Voilà mon passeport. Jaune, comme vous voyez. Cela sert à me faire chasser de partout où je suis. Voulez-vous lire ? Je sais lire, moi. J'ai appris au bagne. Il y a une école pour ceux qui veulent. Tenez, voilà ce qu'on a mis sur le passeport :

 

regard de l’administration 

 

« Jean Valjean, forçat libéré, natif de.. . - cela vous est égal...

Est resté dix-neuf ans au bagne. Cinq ans pour vol avec effraction. Quatorze ans pour avoir tenté de s'évader quatre fois.

Cet homme est très dangereux. »

Voilà! Tout le monde m'a jeté dehors. Voulez-vous me recevoir, vous ? Est-ce une auberge ? Voulez-vous me donner à manger et à coucher ? Avez-vous une écurie ?

-          Madame Magloire, dit l'évêque, vous mettrez des draps blancs au lit de l'alcôve.

 

  Accueil digne de l’Evêque (par opposition aux villageois et aubergiste) : respect de la dignité de J.V. (partage du repas  / draps blancs)

  J. V. redevient un humain

Bilan : distinction portrait en pied / en situation

                Les caractérisations

                Le regard porté sur (vocabulaire mélioratif / péjoratif / neutre) : champs lexicaux + point de vue

                Portrait subjectif / objectif