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Blog pour le bac français

3 février 2011

Le portrait de Jean Valjean

Etude texte 1 : Portrait de Jean Valjean

 

Composition : physique / vêtements

Caractérisation (positif / négatif)

Du portrait physique au portrait en situation (via le dialogue)

Regard de J.V. sur lui-même

Regard de l’administration pénitentiaire

Regard de Mgr Magloire

 

 

Jean Valjean à Digne

Dans les premiers jours du mois d'octobre 1815, une heure environ avant le coucher du soleil, un homme qui voyageait à pied entrait dans la petite ville de Digne. Les rares habitants qui se trouvaient en ce moment à leurs fenêtres ou sur le seuil de leurs maisons regardaient ce voyageur avec une sorte d'inquiétude. Il était difficile de rencontrer un passant d'un aspect plus misérable. C'était un homme de moyenne taille, trapu et robuste, dans la force de l'âge. Il pouvait avoir quarante-six ou quarante-huit ans. Une casquette à visière de cuir rabattue cachait en partie son visage brûlé par le soleil et le hâle et ruisselant de sueur. Sa chemise de grosse toile jaune, rattachée au col par une petite ancre d'argent, laissait voir sa poitrine velue ; il avait une cravate tordue en corde, un pantalon de coutil bleu, usé et râpé, blanc à un genou, troué à l'autre, une vieille blouse grise en haillons, rapiécée à l'un des coudes d'un morceau de drap vert cousu avec de la ficelle, sur le dos un sac de soldat fort plein, bien bouclé et tout neuf, à la main un énorme bâton noueux, les pieds sans bas dans des souliers ferrés, la tête tondue et la barbe longue.

La sueur, la chaleur, le voyage à pied, la poussière, ajoutaient je ne sais quoi de sordide à cet ensemble délabré.

 

A Digne, le voyageur finit par sonner à la porte de l'évêque de la ville. Voici ce qu il lui déclare.

- Je m'appelle Jean Valjean. Je suis un galérien. J'ai passé dix-neuf ans au bagne. Je suis libéré depuis quatre jours et en route pour Pontarlier qui est ma destination. Quatre jours que je marche depuis Toulon. Aujourd'hui, j'ai fait douze lieues à pied. Ce soir, en arrivant dans ce pays, j'ai été dans une auberge, on m'a renvoyé à cause de mon passeport jaune que j'avais montré à la mairie. [...] Je suis très fatigué, douze lieues à pied, j'ai bien faim. Voulez-vous que je reste?

- Madame Magloire, dit l'évêque, vous mettrez un couvert de plus.

L'homme fit trois pas et s'approcha de la lampe qui était sur la table.

- Tenez, reprit-il, comme s'il n'avait pas bien compris, ce n'est pas ça. Avez-vous entendu ? Je suis un galérien. Un forçat. Je viens des galères. - Il tira de sa poche une grande feuille de papier jaune qu'il déplia. - Voilà mon passeport. Jaune, comme vous voyez. Cela sert à me faire chasser de partout où je suis. Voulez-vous lire ? Je sais lire, moi. J'ai appris au bagne. Il y a une école pour ceux qui veulent. Tenez, voilà ce qu'on a mis sur le passeport :

« Jean Valjean, forçat libéré, natif de.. . - cela vous est égal...

Est resté dix-neuf ans au bagne. Cinq ans pour vol avec effraction. Quatorze ans pour avoir tenté de s'évader quatre fois.

Cet homme est très dangereux. »

Voilà! Tout le monde m'a jeté dehors. Voulez-vous me recevoir, vous ? Est-ce une auberge ? Voulez-vous me donner à manger et à coucher ? Avez-vous une écurie ?

-        Madame Magloire, dit l'évêque, vous mettrez des draps blancs au lit de l'alcôve.

Victor Hugo, Les Misérables, première partie, II, 1 et 3 1862. 

Dans les premiers jours du mois d'octobre 1815, une heure environ avant le coucher du soleil, un homme qui voyageait à pied entrait dans la petite ville de Digne. Les rares habitants qui se trouvaient en ce moment à leurs fenêtres ou sur le seuil de leurs maisons regardaient ce voyageur avec une sorte d'inquiétude.

Le portrait proprement dit : portrait en pied

1)       Composition 

2)       Repérages éléments décrits : physique / vêtements

Il était difficile de rencontrer un passant d'un aspect plus misérable. C'était un homme de moyenne taille, trapu et robuste, dans la force de l'âge. Il pouvait avoir quarante-six ou quarante-huit ans. Une casquette à visière de cuir rabattue cachait en partie son visage brûlé par le soleil et le hâle et ruisselant de sueur. Sa chemise de grosse toile jaune, rattachée au col par une petite ancre d'argent, laissait voir sa poitrine velue ; il avait une cravate tordue en corde, un pantalon de coutil bleu, usé et râpé, blanc à un genou, troué à l'autre, une vieille blouse grise en haillons, rapiécée à l'un des coudes d'un morceau de drap vert cousu avec de la ficelle, sur le dos un sac de soldat fort plein, bien bouclé et tout neuf, à la main un énorme bâton noueux, les pieds sans bas dans des souliers ferrés, la tête tondue et la barbe longue.

La sueur, la chaleur, le voyage à pied, la poussière, ajoutaient je ne sais quoi de sordide à cet ensemble délabré.

         3)    Caractérisation : relevé des adjectifs : positifs / négatifs

                                                              Relevé des groupes nominaux et participes

Bilan : les caractérisations possibles 

                Le regard porté sur … : par qui est vu  J. Valjean ?

J. V. = même plus vraiment un homme (délabré / sordide = chose)

                En deçà de l’humanité (sans être un animal)

A Digne, le voyageur finit par sonner à la porte de l'évêque de la ville. Voici ce qu il lui déclare.

Lecture du passage avec aspect bourru de J. V. / Mgr Myriel

Portrait en situation :  un dialogue ? (trois interlocuteurs)

Regard de Jean Valjean sur lui-même 

- Je m'appelle Jean Valjean. Je suis un galérien. J'ai passé dix-neuf ans au bagne. Je suis libéré depuis quatre jours et en route pour Pontarlier qui est ma destination. Quatre jours que je marche depuis Toulon. Aujourd'hui, j'ai fait douze lieues à pied. Ce soir, en arrivant dans ce pays, j'ai été dans une auberge, on m'a renvoyé à cause de mon passeport jaune que j'avais montré à la mairie. [...] Je suis très fatigué, douze lieues à pied, j'ai bien faim. Voulez-vous que je reste?

- Madame Magloire, dit l'évêque, vous mettrez un couvert de plus.

L'homme fit trois pas et s'approcha de la lampe qui était sur la table.

- Tenez, reprit-il, comme s'il n'avait pas bien compris, ce n'est pas ça. Avez-vous entendu? Je suis un galérien. Un forçat. Je viens des galères. - Il tira de sa poche une grande feuille de papier jaune qu'il déplia. - Voilà mon passeport. Jaune, comme vous voyez. Cela sert à me faire chasser de partout où je suis. Voulez-vous lire ? Je sais lire, moi. J'ai appris au bagne. Il y a une école pour ceux qui veulent. Tenez, voilà ce qu'on a mis sur le passeport :

 

regard de l’administration 

 

« Jean Valjean, forçat libéré, natif de.. . - cela vous est égal...

Est resté dix-neuf ans au bagne. Cinq ans pour vol avec effraction. Quatorze ans pour avoir tenté de s'évader quatre fois.

Cet homme est très dangereux. »

Voilà! Tout le monde m'a jeté dehors. Voulez-vous me recevoir, vous ? Est-ce une auberge ? Voulez-vous me donner à manger et à coucher ? Avez-vous une écurie ?

-          Madame Magloire, dit l'évêque, vous mettrez des draps blancs au lit de l'alcôve.

 

  Accueil digne de l’Evêque (par opposition aux villageois et aubergiste) : respect de la dignité de J.V. (partage du repas  / draps blancs)

  J. V. redevient un humain

Bilan : distinction portrait en pied / en situation

                Les caractérisations

                Le regard porté sur (vocabulaire mélioratif / péjoratif / neutre) : champs lexicaux + point de vue

                Portrait subjectif / objectif 

 

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3 février 2011

Le portrait du père Madeleine

Le père Madeleine

Vers la fin de 1815, un homme, un inconnu, était venu s'établir dans la ville et avait eu l'idée de substituer, dans la fabrication [de bijoux d'imitation], la gomme laque à la résine. [...] Ce tout petit changement avait été une révolution. [...] En moins de trois ans, l'auteur de ce procédé était devenu riche, ce qui est bien, et avait tout fait riche autour de lui, ce qui est mieux. Il était étranger au département. De son origine, on ne savait rien ; de ses commencements, peu de chose.

On contait qu'il était venu dans la ville avec fort peu d'argent, quelques centaines de francs tout au plus.

C'est de ce mince capital, mis au service d'une idée ingénieuse, fécondé par l'ordre et par la pensée, qu'il avait tiré sa fortune et la fortune de tout ce pays.

À son arrivée à Montreuil-sur-Mer, il n'avait que les vêtements, la tournure et le langage d'un ouvrier.

Il paraît que, le jour même où il faisait obscurément son entrée dans la petite ville de Montreuil-sur-mer, à la tombée d'un soir de décembre, le sac au dos et le bâton d'épine à la main, un gros incendie venait d'éclater à la maison commune. Cet homme s'était jeté dans le feu, et avait sauvé, au péril de sa vie, deux enfants qui se trouvaient être ceux du capitaine de gendarmerie ; ce qui fait qu'on n'avait pas songé à lui demander son passeport. Depuis lors, on avait su son nom. Il s'appelait le père Madeleine. [...]

On l'a vu, le pays lui devait beaucoup, les pauvres lui devaient tout [...] ; ses ouvriers en particulier l'adoraient, et il portait cette admiration avec une sorte de gravité mélancolique. Quand il fut constaté riche, « les personnes de la société » le saluèrent, et on l'appela dans la ville monsieur Madeleine ; ses ouvriers et les enfants continuèrent de l'appeler le père Madeleine, et c'était la chose qui le faisait le mieux sourire. A mesure qu'il montait, les invitations pleuvaient sur lui. « La société » le réclamait. Les petits salons guindés de Montreuil-sur-Mer qui, bien entendu, se fussent dans les premiers temps fermés à l'artisan, s'ouvrirent à deux battants au millionnaire. On lui fit mille avances. Il refusa.

Cette fois encore les bonnes âmes ne furent point empêchées. - C'est un homme ignorant et de basse éducation. On ne sait d'où cela sort. Il ne saurait se tenir dans le monde. Il n'est pas du tout prouvé qu'il sache lire.

Victor Hugo, Les Misérables. Première partie, V, 1 et 2, 1862.

Réception initiale :

* Un personnage énigmatique

* un homme fortuné qui n’hésite pas à aider les autres : un généreux  / un homme courageux (cf. l’incendie)

* un homme vu par les autres  

Qui est-il ?  

Les termes pour le désigner / le narrateur entretient le suspense autour de lui. 

Vers la fin de 1815, un homme, un inconnu, était venu s'établir dans la ville et avait eu l'idée de substituer, dans la fabrication [de bijoux d'imitation], la gomme laque à la résine. [...] Ce tout petit changement avait été une révolution. [...] En moins de trois ans, l'auteur de ce procédé était devenu riche, ce qui est bien, et avait tout fait riche autour de lui, ce qui est mieux. Il était étranger au département. De son origine, on ne savait rien ; de ses commencements, peu de chose.

On contait qu'il était venu dans la ville avec fort peu d'argent, quelques centaines de francs tout au plus.

C'est de ce mince capital, mis au service d'une idée ingénieuse, fécondé par l'ordre et par la pensée, qu'il avait tiré sa fortune et la fortune de tout ce pays.

À son arrivée à Montreuil-sur-Mer, il n'avait que les vêtements, la tournure et le langage d'un ouvrier.

Un homme courageux  (illustration par une anecdote) : narratif et descriptif mêlés.

Il paraît que, le jour même où il faisait obscurément son entrée dans la petite ville de Montreuil-sur-mer, à la tombée d'un soir de décembre, le sac au dos et le bâton d'épine à la main, un gros incendie venait d'éclater à la maison commune. Cet homme s'était jeté dans le feu, et avait sauvé, au péril de sa vie, deux enfants qui se trouvaient être ceux du capitaine de gendarmerie ; ce qui fait qu'on n'avait pas songé à lui demander son passeport. Depuis lors, on avait su son nom. Il s'appelait le père Madeleine. [...]

Le regard des autres : les ouvriers / les bourgeois

           M. Madeleine = un homme qui veut rester lui-même

           Un narrateur bien présent (mais confusion avec le pronom « on » qui ne désigne pas toujours les mêmes personnes) qui cherche à influencer le regard du lecteur. 

On l'a vu, le pays lui devait beaucoup, les pauvres lui devaient tout [...] ; ses ouvriers en particulier l'adoraient, et il portait cette admiration avec une sorte de gravité mélancolique. Quand il fut constaté riche, « les personnes de la société » le saluèrent, et on l'appela dans la ville monsieur Madeleine ; ses ouvriers et les enfants continuèrent de l'appeler le père Madeleine, et c'était la chose qui le faisait le mieux sourire. A mesure qu'il montait, les invitations pleuvaient sur lui. « La société» le réclamait. Les petits salons guindés de Montreuil-sur-Mer qui, bien entendu, se fussent dans les premiers temps fermés à l'artisan, s'ouvrirent à deux battants au millionnaire. On lui fit mille avances. Il refusa.

Cette fois encore les bonnes âmes ne furent point empêchées. (paroles méprisantes : vocabulaire péjoratif : pourquoi ce changement brutal ? cf. refus )  - C'est un homme ignorant et de basse éducation. On ne sait d'où cela sort. Il ne saurait se tenir dans le monde. Il n'est pas du tout prouvé qu'il sache lire.

 Bilan :

Le personnage de Madeleine est vu successivement par différentes personnes

· les habitants de Montreuil

· les témoins du sauvetage

· les ouvriers et les enfants

· les personnes de la Société / les bonnes âmes

· le narrateur : mais qui est-il ? à quel groupe appartient-il ?

mise en évidence des divers points de vue sur Madeleine

           * favorables : vocabulaire mélioratif : admiration

           * défavorables : vocabulaire péjoratif : mépris

 

Mais Madeleine porte lui aussi un regard sur les personnes de Montreuil

Il aide les ouvriers   : la chose qui le faisait sourire  / gravité mélancolique

Il n’aime pas les bourgeois : il refusa

Quel est le point de vue du lecteur ?  Portrait positif / négatif ?

Comment voit-on la préférence du Narrateur ?

 

 

3 février 2011

le portrait de Gavroche

Gavroche

Huit ou neuf ans environ après les événements racontés dans la deuxième partie de cette histoire, on remarquait sur le boulevard du Temple et dans les régions du Château-d'Eau un petit garçon de onze à douze ans qui eût assez correctement réalisé cet idéal du gamin ébauché plus haut, si, avec le rire de son âge sur les lèvres, il n'eût pas eu le cœur absolument sombre et vide. Cet enfant était bien affublé d'un pantalon d'homme, mais il ne le tenait pas de son père, et d'une camisole de femme, mais il ne la tenait pas de sa mère. Des gens quelconques l'avaient habillé de chiffons par charité. Pourtant il avait un père et une mère. Mais son père ne songeait pas à lui et sa mère ne l'aimait point. C'était un de ces enfants dignes de pitié entre tous qui ont père et mère et qui sont orphelins.

Cet enfant ne se sentait jamais si bien que dans la rue. Le pavé lui était moins dur que le cœur de sa mère.

Ses parents l'avaient jeté dans la vie d'un coup de pied. Il avait tout bonnement pris sa volée.

C'était un garçon bruyant, blême, leste, éveillé, goguenard, à l'air vivace et maladif. Il allait, venait, chantait, jouait à la « fayousse », grattait les ruisseaux, volait un peu, mais comme les chats et les passereaux, gaiement, riait quand on l'appelait galopin, se fâchait quand on l'appelait voyou. Il n'avait pas de gîte, pas de pain, pas de feu, pas d'amour ; mais il était joyeux parce qu'il était libre. [...]

Pourtant, si abandonné que fût cet enfant, il arrivait parfois, tous les deux ou trois mois, qu'il disait : « Tiens, je vas voir maman ! » Alors il quittait le boulevard, le Cirque, la Porte Saint-Martin, descendait aux quais, passait les ponts, gagnait les faubourgs, atteignait la Salpêtrière, et arrivait où ? Précisément à ce double numéro 50-52 que le lecteur connaît, à la masure Gorbeau.

Victor Hugo, Les Misérables, troisième partie, V, 1 et 2, 1862.

Que sait-on de Gavroche ? Les contradictions de Gavroche

 Son rôle dans l’histoire : actif / passif 

Ecrit de synthèse : en quoi Gavroche est-il un « misérable » ?

a) Les caractérisations de Gavroche : les infos sur

b) Les contradictions de Gavroche

c) Le point de vue du narrateur au lecteur :

Gavroche : sympathique / antipathique ?

Son rôle dans l’histoire : actif / passif ?

Le portrait dans le récit : pause / résumé / amorce d’un nouvel épisode ?

           Les caractérisations de Gavroche

Huit ou neuf ans environ après les événements racontés dans la deuxième partie de cette histoire, on remarquait sur le boulevard du Temple et dans les régions du Château-d'Eau un petit garçon de onze à douze ans qui eût assez correctement réalisé cet idéal du gamin ébauché plus haut, si, avec le rire de son âge sur les lèvres, il n'eût pas eu le cœur absolument sombre et vide. Cet enfant était bien affublé d'un pantalon d'homme, mais il ne le tenait pas de son père, et d'une camisole de femme, mais il ne la tenait pas de sa mère. Des gens quel­conques l'avaient habillé de chiffons par charité. Pourtant il avait un père et une mère. Mais son père ne songeait pas à lui et sa mère ne l'aimait point. C'était un de ces enfants dignes de pitié entre tous qui ont père et mère et qui sont orphelins.

Cet enfant ne se sentait jamais si bien que dans la rue. Le pavé lui était moins dur que le cœur de sa mère.

Ses parents l'avaient jeté dans la vie d'un coup de pied. Il avait tout bonnement pris sa volée.

Les contradictions de Gavroche

C'était un garçon bruyant, blême, leste, éveillé, goguenard, à l'air vivace et maladif. Il allait, venait, chantait, jouait à la « fayousse », grattait les ruisseaux, volait un peu, mais comme les chats et les passereaux, gaiement, riait quand on l'appelait galopin, se fâchait quand on l'appelait voyou. Il n'avait pas de gîte, pas de pain, pas de feu, pas d'amour ; mais il était joyeux parce qu'il était libre. [...]

Pourtant, si abandonné que fût cet enfant, il arrivait parfois, tous les deux ou trois mois, qu'il disait : « Tiens, je vas voir maman ! » Alors il quittait le boule­vard, le Cirque, la Porte Saint-Martin, descendait aux quais, passait les ponts, gagnait les faubourgs, atteignait la Salpêtrière, et arrivait où ? Précisément à ce double numéro 50-52 que le lecteur connaît, à la masure Gorbeau. 

Bilan :

Quel est le rôle de ce portrait dans le récit ?

En quoi Gavroche est-il un « misérable »?

 

 

3 février 2011

Le portrait de Cosette jeune fille

Le portrait de Cosette jeune fille

Il alla droit à « son allée », et, quand il fut au bout, il aperçut, toujours sur le même banc, ce couple connu. Seulement, quand il approcha, c’était bien le même homme, mais il lui parut que ce n’était plus la même fille. La personne qu’il voyait maintenant était une grande et belle créature ayant toutes les formes les plus charmantes de la femme à ce moment précis où elles se combinent encore avec toutes les grâces les plus naïves de l’enfant ; moment fugitif et pur que peuvent seuls traduire ces deux mots : quinze ans. C’étaient d’admirables cheveux châtains nuancés de veines dorées, un front qui semblait fait de marbre, des joues qui semblaient faites d’une feuille de rose, un incarnat* pâle, une blancheur émue, une bouche exquise d’où le sourire sortait comme une clarté et la parole comme une musique, une tête que

Raphaël eût donnée à Marie posée sur un cou que Jean Goujon eût donné à Vénus.

Les Misérables, Victor Hugo.

* un incarnat : d’un rouge clair et vif.

 

 

1- Dans ce portrait, Cosette est vue par :

2- Le jeune homme pense que « Ce n’était plus la même fille » parce que :

-ce n’est pas Cosette

-c’est Cosette mais elle a quinze ans

3- Souligne le vocabulaire mélioratif de cette phrase :

« La personne qu’il voyait maintenant était une grande et belle créature ayant toutes les formes les plus charmantes de la femme à ce moment précis où elles se combinent encore avec toutes les grâces les plus naïves de l’enfant ».

4- La partie du corps décrite à partir de « C’étaient d’admirables cheveux » est :

- le dos

- les pieds

-le visage

5- D’après les réponses aux deux questions précédentes, le portrait progresse de :

- l’allure générale au visage

- du visage à l’allure générale

6- Le visage est décrit :

-de haut en bas

-de bas en haut

7- a) La figure de style utilisée dans les expressions « un front qui semblait fait de marbre »,

et « des joues qui semblaient faites d’une feuille de rose » est :

- la métaphore

- la comparaison

- la métonymie

b) Quelles couleurs sont utilisées ? Pourquoi, selon toi ?

8- Cosette ressemble à :

- Marie et Vénus

-Pascale et Athéna

-Anne et Diane

9- Raphaël et Jean Goujon sont :

- des chanteurs

- des peintres

-des jardiniers

 

 

Cosette jeune fille

Ce portrait physique décrit l’allure générale du personnage puis son visage. Le portrait progresse :

- par thèmes éclatés (l’allure générale, le visage, les parties du visage)

- de haut en bas (des cheveux au cou).

Il met en évidence la beauté de Cosette vue par Marius.

Cosette

Le personnage de Cosette est suivi par la narration sur toute une période de sa vie, comme plusieurs personnages du roman. Ils sont « misérables » au début du récit, mais celui-ci se termine par la mort heureuse de Jean Valjean, et par le bonheur de Marius et Cosette.

3 février 2011

Le portrait de Cosette

 

Cosette.

Cosette était laide. Heureuse, elle eût peut-être été jolie. Nous avons déjà esquissé cette petite figure sombre. Cosette était maigre et blême. Elle avait près de huit ans, on lui en eût donné à peine six. Ses grands yeux enfoncés dans une sorte d'ombre profonde étaient presque éteints à force d'avoir pleuré. Les coins de sa bouche avaient cette courbe de l'angoisse habituelle, qu'on observe chez les condamnés et chez les malades désespérés. Ses mains étaient, comme sa mère l'avait deviné, «perdues d'engelures». Le feu qui l'éclairait en ce moment faisait saillir les angles de ses os et rendait sa maigreur affreusement visible. Comme elle grelottait toujours, elle avait pris l'habitude de serrer ses genoux l'un contre l'autre. Tout son vêtement n'était qu'un haillon qui eût fait pitié l'été et qui faisait horreur l'hiver. Elle n'avait sur elle que de la toile trouée ; pas un chiffon de laine. On voyait sa peau çà et là, et l'on y distinguait partout des taches bleues ou noires qui indiquaient les endroits où la Thénardier l'avait touchée. Ses jambes étaient rouges et grêles. Le creux de ses clavicules était à faire pleurer. Toute la personne de cette enfant, son attitude, le son de sa voix, ses intervalles entre un mot et l'autre, son regard, son silence, son moindre geste, exprimaient et traduisaient une seule idée : la crainte.

Victor Hugo, Les Misérables, deuxième partie, III, 8, 1862.

 Cosette était laide.  Heureuse, elle eût peut-être été jolie.

Nous avons déjà esquissé cette petite figure sombre. Cosette était maigre et blême. Elle avait près de huit ans, on lui en eût donné à peine six. Ses grands yeux enfoncés dans une sorte d'ombre profonde étaient presque éteints à force d'avoir pleuré. Les coins de sa bouche avaient cette courbe de l'angoisse habituelle, qu'on observe chez les condamnés et chez les malades désespérés. Ses mains étaient, comme sa mère l'avait deviné, «perdues d'engelures». Le feu qui l'éclairait en ce moment faisait saillir les angles de ses os et rendait sa maigreur affreusement visible. Comme elle grelottait toujours, elle avait pris l'habitude de serrer ses genoux l'un contre l'autre.

Tout son vêtement n'était qu'un haillon qui eût fait pitié l'été et qui faisait horreur l'hiver. Elle n'avait sur elle que de la toile trouée ; pas un chiffon de laine. 

On voyait sa peau çà et là, et l'on y distinguait partout des taches bleues ou noires qui indiquaient les endroits où la Thénardier l'avait touchée. Ses jambes étaient rouges et grêles. Le creux de ses clavicules était à faire pleurer.

Toute la personne de cette enfant, son attitude, le son de sa voix, ses intervalles entre un mot et l'autre, son regard, son silence, son moindre geste, exprimaient et traduisaient une seule idée : la crainte.

1)     organisation du portrait

 2)    le regard du narrateur : extérieur / omniscient ?

 3)    le portrait physique :

a)     le corps

 b)    le vêtement  

c)     les modalisateurs : ce qu’ils révèlent du destin de Cosette - de la pensée du Narrateur  

 4)    le portrait moral :

Le sentiment dominant : la crainte qui la fait ressembler à un animal craintif

Quels sont les sentiments du narrateur envers Cosette ?

 

1- Relire la première phrase : quel adjectif donne l’impression générale qui se dégage du portait ?

2- Que signifie la deuxième phrase ? Qu’indique-t-elle d’emblée, de façon implicite ?

3- Relève les marques de la présence du narrateur. Quel point de vue est adopté dans ce

portrait ?

Relire les lignes 3 à 21.

4- a) Fais la liste des parties du corps décrites dans ce portrait. Coche les bonnes réponses.

® Sa corpulence

® Son teint

® Ses yeux

® Sa bouche

® Ses cheveux

® Ses mains

® Sa maigreur

® Ses genoux

® Ses taches de rousseur

® Son vêtement

® Sa peau

® Ses jambes

® Son ventre

® Ses clavicules

b) Dans quel ordre progresse-t-il (de bas en haut / de haut en bas) ?

c) La progression se fait-elle par enchaînement (un même thème détaillé) ou par éclatement (plusieurs thèmes se succédant) ?

B Les outils de la langue : les expansions du nom et l’attribut du sujet

5- a) Relève les expansions des noms soulignés :

« Ses ……………. yeux …………………………………......................................... »

« Les coins de sa bouche avaient cette courbe …………………………………………

……………………………………………………………………………………………….. »

« Tout son vêtement n’était qu’un haillon ……………………………………………..

……………………………………………………………………………………………… »

« Elle n’avait sur elle que de la toile ………………………. »

« On voyait sa peau ça et là et l’on y distinguait partout des taches ………………….

………………………………………………………………………………………………..

…………………………………………………………………………………………….

Les expansions du nom

Les expansions du nom permettant de caractériser les éléments d’une description sont :

- l’adjectif qualificatif. Exemple : la toile trouée

- le groupe nominal prépositionnel. Exemple : la courbe de l’angoisse

- la proposition subordonnée relative. Exemple : un haillon qui faisait horreur

Un nom d’un GNP ou d’une proposition relative peut à son tour être précisé par une autre expansion : Exemple : les endroits où la Thénardier l’avait touchée proposition subordonnée Relative complément de l’antécédent  « endroits »

6- a) Complète les phrases à l’aide des attributs du sujet que tu relèveras dans le texte :

« Ses grands yeux […] étaient …………………………………………………………….. »

« Ses mains étaient, comme sa mère l’avait deviné, « ……………………………». »

« Tout son vêtement n’était qu’…………………………………………………………..

………………………………………………………………………………………………. »

« Ses jambes étaient …………………………………………………………………... »

« Le creux de ses clavicules était …………………………………………………………… »

 

b) Quelle est la classe grammaticale la plus fréquente de l’attribut du sujet ?

Quelles sont les autres ?

 

c) Explique l’accord des adjectifs qualificatifs attributs du sujet (phrases 1), 2) et 4)).

 

L’attribut du sujet

L’attribut du sujet permet de qualifier un élément de la description. Il peut être :

- un adjectif qualificatif : dans ce cas il s’accorde en genre et en nombre avec le sujet.

Exemple : ses mains étaient perdues d’engelures

sujet être attribut du sujet

- un nom ou un groupe nominal.

Exemple : tout son vêtement n’était qu’un haillon

- un infinitif ou un groupe à l’infinitif.

Exemple : le creux de ses clavicules était à faire pleur

 

C Le portrait moral

7- Relis les lignes 21 à 24.

Quel sentiment exprime « toute la personne » de Cosette ? S’agit-il toujours ici du portrait physique ?

8- Quel sentiment inspire Cosette au lecteur, à toi par exemple ? Justifie ta réponse.

 

Cosette enfant

Le portrait physique est privilégié et le portrait moral tient en une phrase : le premier a préparé le second. L’ensemble montre le malheur de l’enfant

 

 

 

 

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3 février 2011

Le résumé des Misérables

 

Le résumé des Misérables

Fantine, première partie

Cosette, deuxième partie

Marius, troisième partie

L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis, quatrième partie

Jean Valjean, cinquième partie

Fantine, première partie

L'évêque et le forçat (livre premier et second)1815.

Alors que tous les aubergistes de la ville l'ont chassé, le bagnard Jean Valjean est hébergé par Mgr Myriel (que les pauvres ont baptisé, d'après l'un de ses prénoms, Mgr Bienvenu). L'évêque de la ville de Digne, l'accueille avec bienveillance, le fait manger à sa table et lui offre un bon lit.

Jean Valjean a été condamné en 1795, pour le vol d'un pain et vient de passer vingt ans au bagne.

Pourtant malgré la générosité de son hôte, Jean Valjean s'enfuit en pleine nuit, après avoir dérobé les six couverts d'argent, les seules richesses de l'évêque. Le lendemain, les gendarmes le ramènent chez Mgr Bienvenu qui, à sa grande surprise, l'innocente. L'évêque lui offre même deux chandeliers en argent que Jean Valjean avait "oublié" d'emporter. Il souhaite ainsi aider l'ancien bagnard à redevenir un honnête homme. Pourtant sur la route, Jean Valjean commet un nouveau délit. Il vole un petit ramoneur. Mais, alors qu'il s'apprête à ranger son larcin dans sa besace, il revoit les chandeliers de Mgr Bienvenu, et se rappelle les paroles de l'évêque. Il n'aura plus alors qu'un seul but : honorer la bonté de l'ecclésiastique et servir le bien.

La déchéance de Fantine - Paris, Août 1817.

Quatre étudiants, dont un certain Tholomyès, font un bon repas dans un cabaret avec quatre jeunes filles insouciantes, dont l'une, Fantine étonne par sa beauté et sa candeur. Elle vit avec Tholomyès sa première histoire d'amour. Les quatre jeunes hommes ont promis "une surprise". Au dessert, ils s'esquivent pour … ne jamais revenir, annonçant dans la lettre d'explication qu'ils ont laissé, leur retour définitif dans leurs familles en province. Les jeunes filles s'amusent de cette farce, sauf Fantine, la plus jolie, qui est vraiment inquiète. Elle s'était offerte à Tholomyès et attend un enfant de lui.

Cosette livrée "aux loups" - Printemps 1818.

Fantine quitte Paris et porte dans ses bras la petite fille qu'elle a eu de Tholomyès, et pour laquelle elle a tout sacrifié, Cosette. Elle souhaite retourner à Montreuil sur Mer, sa ville natale, où elle espère trouver du travail. En chemin, à Montfermeil, elle fait la connaissance d'un couple d'aubergistes, d'allure plutôt accommodante, les Thénardier. Très vite Cosette joue avec les petites filles des aubergistes. Fantine y voit là un signe du ciel et propose de leur confier quelque temps la garde de Cosette. Les aubergistes acceptent moyennant une pension. Cosette qui n'a que cinq ans se retrouve ainsi prise au piège d'un sinistre couple qui ne tarde pas à en faire sa servante. Tout le pays va désormais surnommer Cosette, "l'alouette", petite esclave en haillons, fragile et tremblante, soumise à la tyrannie de ces abominables aubergistes.

La déchéance Montreuil de 1818 à 1823

A son arrivée à Montreuil, Fantine découvre que sa ville natale est devenue prospère grâce à un inconnu, arrivé deux ans plus tôt et qui a su relancer et développer l'industrie de la région. Cet homme, M. Madeleine, (nom d'emprunt de Jean Valjean) semble un véritable bienfaiteur : il offre du travail à toutes les personnes honnêtes qui se présentent à sa fabrique, donne des conseils éclairés et multiplie les actes de générosité. Il est aussi doté d'une force peu commune. Un jour, il a sauvé un vieillard, Fauchelevent, que sa charrette menaçait d'écraser. M. Madeleine est parvenu à relever la carriole et à dégager le vieil homme, qui sans l'intervention de "cette force de la nature" était promis à une mort certaine. Au terme de sa réussite industrielle et de son ascension sociale, M. Madeleine accepte sous la pression de ses concitoyens de devenir le maire de la ville.

Un homme, l'inspecteur Javert, ténébreux, obsédé par l'autorité, reste pourtant insensible à l'admiration unanime dont bénéficie M. Madeleine. Pire, ayant travaillé auparavant dans les bagnes du midi, il s'intéresse particulièrement à ce notable. Il a l'impression que ce visage ne lui est pas inconnu …

Fantine a trouvé du travail dans les ateliers de M. Madeleine. Mais sa beauté suscite la jalousie de ses collègues qui commencent à l'épier. Elles découvrent que la jeune femme a un enfant naturel, ce qui lui vaut d'être renvoyée par la surveillante. Elle éprouve alors du mépris pour . Madeleine, qu'elle imagine responsable de ce renvoi.

Pour parvenir à payer la pension de Cosette, Fantine est obligée de vendre ses cheveux blonds et aussi ses dents.

Ultime étape de sa déchéance, la prostitution. Un jour d'hiver, Fantine, malade, fait les cent pas sur le trottoir. Un jeune bourgeois, pour se distraire, lui glisse une boule de neige dans le dos. Vexée, Fantine se jette sur l'individu et le frappe. L'inspecteur Javert intervient, arrête la prostituée et lui inflige six mois de prison. M. Madeleine, ému par les malheurs de la jeune fille intervient pour la faire libérer. Lorsqu'il apprend qu'il est indirectement la cause de la déchéance de cette jeune fille, Fantine ayant été chassé de ses ateliers à son insu, il fera tout son possible pour soigner la jeune femme et lui permettre de retrouver son enfant. Il rend de fréquentes visites à Fantine, la fait signer et envoie de l'argent aux Thénardier.

Entre-temps, il apprend de la bouche de Javert, qu'un homme, qui dit s'appeler Champmathieu, mais qui serait en fait l'ancien forçat Jean Valjean, va être jugé à Arras pour un vol de pommes. M. Madeleine, après une nuit de débat intérieur ( la célèbre "tempête sous un crâne") se rend au tribunal. Il prend la défense de Champmathieu en se dénonçant. Cet aveu lui vaudra d'être arrêté par Javert dans la chambre de Fantine, qui meurt avant d'avoir revu Cosette.

Cosette, deuxième partie

La bataille de Waterloo

Mai 1861. Le narrateur raconte une visite à pied sur les vestiges de la défaite napoléonienne de Waterloo (visite que Victor Hugo fit en 1861, lors de son retour de l'Ile d'Elbe sur les lieux même de la bataille de juin 1815). Ce jour-là, Napoléon affrontait les troupes anglaises et les forces coalisées de l'Europe continentale. Victor Hugo réfléchit sur les causes de ce désastre napoléonien : il pleuvait ce jour-là, le sol était boueux, ce qui empêcha l'empereur de déployer librement son artillerie, son arme stratégique. Pire, mal renseignée, la cavalerie française se précipita dans un ravin, où beaucoup de soldats périrent, écrasés. Les renforts espérés n'arrivèrent pas. Cambronne fit passer à la postérité cette défaite héroïque. La garde impériale qu'il dirigeait lutta jusqu'au dernier carré et, lui, lança à l'ennemi son mot célèbre : "M…"

Le narrateur relate alors une funèbre rencontre qui lui permet d'introduire un des personnages des Misérables dans cette bataille de Waterloo : pendant la nuit qui suit cette bataille, un sordide escroc dépouille les cadavres de tous leurs objets précieux. Il dégage le corps d'un officier pour lui voler sa montre. Celui-ci n'est que blessé et est persuadé que l'inconnu lui a sauvé la vie. L'officier reconnaissant, le colonel Pontmercy, demande son nom à son sauveur providentiel : c'est Thénardier.

Le sauvetage de Toulon

1823. Emprisonné suite à son arrestation par Javert, Jean Valjean était parvenu à s'évader. Mais il a été repris. Il a été condamné aux travaux forcés à perpétuité et se retrouve au bagne de Toulon. Lors d'un accident sur un vaisseau de guerre rentré au port de Toulon, il sauve la vie d'un marin, ce qui lui vaut le soutien de la foule qui réclame sa grâce. il se jette à la mer et parvient à s'échapper en nageant sous le bateau. Personne ne retrouvant son corps, on le croira mort.

Jean Valjean recueille Cosette

Ayant retrouvé la liberté, Jean Valjean souhaite honorer la promesse qu'il avait faite à Fantine : libérer Cosette. Il arrive à Montfermeil la veille de Noël. Cosette est toujours en haillons. Alors que la petite servante se fait réprimander par La Thénardier, Jean Valjean prend sa défense. Puis la terrible mégère envoie Cosette, à la nuit tombée, chercher de l'eau à la fontaine, là-bas dans la forêt. Corvée que Cosette redoutait, d'autant que la nui est glaciale et le seau plus grand qu'elle.

Cosette part seule dans cette nuit de Noël. Elle jette un regard devant une somptueuse poupée, exposée dans l'une des baraques dressées pour Noël . Puis elle s'enfonce dans la nuit noire. Le seau rempli, il lui faut vaincre la fatigue, la peur et le froid et se dépêcher car sa patronne a horreur d'attendre. Soudain, elle sent que le seau devient de plus en plus léger. Une grosse main s'est saisie de l'anse. Cosette se sent protégée par cet homme très fort qu'elle ne connaît pas et qui pourtant la rassure. En échangeant quelques mots avec la jeune servante, Jean Valjean reconnaît la fille de Fantine et l'aide à porter le seau jusqu'à l'auberge.

Il lui fait cadeau de la poupée tant admirée, indemnise les affreux aubergistes et emmène Cosette avec lui.

Le couvent

Jean Valjean et Cosette se rendent à Paris où l'ancien forçat loue une maison vétuste et isolée, la masure Gorbeau. Il s'y installe avec la jeune fille qu'il protège d'un amour paternel. Quant à Cosette, elle a retrouvé sa gaieté et son insouciance. Mais bientôt Jean Valjean se sent surveillé. Le regard soupçonneux d'une vieille voisine ne laisse rien présager de bon. La vieille dame fait rentrer un nouveau locataire qui n'est autre que Javert. Le soir même, Jean Valjean décide de partir. Il s'enfuit avec Cosette dans la nuit. Javert lance une escorte de policiers et de soldats à leur trousse. Il faut toute la clairvoyance et l'agilité de l'ancien forçat pour échapper à la meute des poursuivants. Il escalade un mur, parvient à hisser Cosette et se retrouvent tous deux dans un lieu étrange. Ils y entendent des chants célestes et aperçoivent au sol des formes bizarres. Heureusement apparaît un vieil homme providentiel, Fauchelevent. Autrefois, alors qu'il était maire de Montreuil sur Mer, M. Madeleine, alias Jean Valjean, avait sauvé la vie à cet homme et lui avait trouvé un poste de jardinier dans le couvent du Petit Picpus; jardin dans lequel ils ont trouvé refuge, ce soir, par le plus grand hasard. Plein de reconnaissance, le vieil homme les accueille. Il leur apprend que ce couvent est également une institution pour jeunes filles. Il leur indique aussi, qu'exceptés le prête et le jardinier, aucun homme n'est admis dans cet établissement. Il leur offre toutefois un abri. Fauchelevent profitera de la mort d'une religieuse et de la confiance dont il bénéficie dans ce couvent pour demander la permission de faire venir son frère et la fille de celui-ci pour l'aider dans son travail. Grâce à ce subterfuge, Jean Valjean va donc pouvoir être employé comme aide-jardinier. Une nouvelle fois l'ancien forçat va changer d'identité et s'appellera désormais le frère Fauchelevent. Quant à Cosette elle devient élève dans ce couvent; les religieuses espérant bien la convaincre d'entrer plus tard dans les ordres.

Marius, troisième partie

Retour à la Masure Gorbeau

Un peu plus de huit années se sont écoulées. La Masure Gorbeau, jadis habitée par Jean Valjean, abrite maintenant de nouveaux locataires. On y trouve une famille misérable : le père, qui dit s'appeler Jondrette, son épouse et leurs deux filles. Quant au fils Gavroche, un vrai gamin de Paris, il a choisi de vivre dans la rue. Cette famille accueille un nouveau voisin, un jeune homme, petit-fils d'un "grand bourgeois", nommé Marius Pontmercy.

Marius, son père et son grand-père

Marius a passé toute son enfance chez son grand-père, un royaliste intransigeant qui ne supporte ni la révolution ni l'Empire. En effet à la mort de sa fille, le vieil homme a récupéré le jeune Marius, ne supportant pas de le laisser aux soins de son père, un colonel de l'Empire. Après une brillante carrière dans l'armée napoléonienne, le père de Marius a été, lors de la Restauration, assigné à résidence dans l'Eure. Le grand-père s'efforce de maintenir Marius à l'écart de son père. Appelé au chevet de son père, Marius arrive trop tard, il ne pourra le revoir vivant. Il recueille juste un billet, écrit de sa main, qui lui demande de faire tout ce qu'il pourra pour retrouver et aider le sergent qui lui a sauvé la vie à Waterloo, Thénardier.

Assez peu touché par la mort de ce père qu'il n'a pas connu, Marius découvre peu après que le colonel de Pontmercy fut un héros et un père aimant et tendre. Il apprend également que son père venait de temps en temps, discrètement, à l’église, en restant caché derrière un pilier pour tenter d'apercevoir son fils.

Dès lors Marius souhaitera se pencher sur le passé de son père. Il se passionne pour la Révolution et l'Empire et recherche toute trace de l'héroïsme de ce père qu'il n'a pas connu. Le grand-père de Marius ne peut supporter le revirement politique de son petit-fils. Après une violente altercation, le vieil homme chasse son petit-fils.

Les amis de l'ABC

Marius refuse toute aide financière. A la recherche d'un toit , il trouve refuge dans un hôtel, où l'emmène Courfeyrac, l'un de ses amis étudiants. Ce dernier le présente à un groupe d'étudiants, qui avec quelques ouvriers, ont fondé une société secrète, les amis de l'A.B.C (jeu de mots sur l'abaissé, qui signifie le peuple). Ils tiennent leurs réunions, dans l'arrière salle d'un café du quartier latin. Marius poursuit ses études d'avocat mais vit de quelques traductions qui lui permettent tant bien que mal de payer les notes de l'hôtel. C'est pourquoi il finit par élire domicile dans la masure Gorbeau. Suite à une brillante plaidoirie qui couronne ses études, il est reçu avocat. Pour préserver son indépendance, Marius refuse de plaider et va se contenter d'aléatoires travaux de librairie.

Un regard au jardin du Luxembourg

Marius, qui a une vingtaine d'années est un beau jeune homme, à la fois rêveur et réservé du fait de sa pauvreté. Un jour, lors de sa promenade au jardin du Luxembourg, il remarque une jeune fille qui se promène avec un vieil homme aux cheveux blancs. Le regard qu'elle va lui offrir va l'enflammer. Il en tombe aussitôt follement amoureux. Dès lors, il reviendra tous les jours au Luxembourg, avec son plus bel habit et multipliera les manœuvres pour attirer l'attention de la jeune fille sans provoquer de soupçon chez celui qu'il prend pour son père. Un jour, n'y tenant plus, il va suivre le vieil homme et sa fille jusqu'à leur domicile. Cette filature éveille l'attention du vieux monsieur qui se retourne vers Marius pour le toiser.

Quelques jours se sont écoulés. La jeune fille et le vieil homme ne viennent plus au jardin du Luxembourg. N'y tenant plus, Marius se rend au pied de leur immeuble et questionne le portier. Il lui apprend qu'ils ont soudainement déménagé. Marius est désespéré.

Plusieurs mois ont passé depuis que Marius a perdu la trace de la jolie jeune fille qui fait battre son cœur. Il est mélancolique et accablé. Jusqu'au 2 février 1831.

Ce jour-là, ayant été sollicité par une des filles de ses voisins, qui mendiait, Marius, pris de pitié lui a donné, malgré ses maigres ressources, 5 francs. Puis rentrant dans sa chambre, il se met à observer par l'une des ouvertures du mur le logement de ses voisins; Il aperçoit quatre créatures hideuses, le père, la mère et les 2 filles vivant dans une immense pauvreté et une affreuse saleté. C'est alors qu'une des filles annonce l'arrivée d'un "généreux monsieur" qu'elle avait, lui aussi, sollicité dans la journée. Surprise de Marius qui voit entrer dans le taudis de ses voisins, le vieil homme et la jeune fille qu'il aime. Apitoyé par cette famille de "misérables" , le monsieur promet de revenir le soir même avec l'argent qui leur permettra de payer leur loyer.

Dès le départ de celle qu'il aime et de son père, Marius n'a qu'une idée, les suivre. Hélas, sans argent il lui faut vite déchanter, il ne peut même pas se payer le fiacre dont il aurait besoin pour les filer. De retour à la masure Gorbeau, Marius assiste à d'inquiétants préparatifs dans le taudis de ses voisins. Le père Jondrette prétend avoir reconnu le vieil homme et prépare avec sa femme un guet-apens destiné à leur "bienfaiteur". Persuadé que le père de celle qu'il aime est en danger, Marius décide de tout raconter à la police. Il explique la situation à un policier qui l'écoute avec un grand intérêt. Ce policier, c'est Javert …

Le soir, Marius, a repris son poste d'observation. Le "bienfaiteur" est à peine rentré qu'une bande de malfaiteurs, au visage charbonneux l'entourent et le ligotent; Il souhaitent lui faire avouer son adresse, en vue d'enlever sa fille et d'obtenir une énorme rançon. Le vieillard résiste. Pour montrer sa détermination, il va même jusqu'à s'appliquer lui même sur le bras le fer rouge que ses geôliers avaient préparé pour le faire parler.

Animé d'une soif de vengeance, Jondrette, ne peut résister au plaisir sadique de révéler à son prisonnier sa véritable identité : il s'appelle Thénardier, a été aubergiste à Montfermeil et voue de la haine à un certain Jean Valjean qui l'avait humilié…

Marius est en proie à un cruel dilemme. Il se trouve enfin en face de Thénardier, celui qui a sauvé la vie à son père, le Colonel Pontmercy, à Waterloo; colonel qui dans ses dernières volontés avait exprimé le désir que son fils lui témoigne sa reconnaissance. Va-t-il laisser tuer le père de celle qu'il aime ? Doit-il donner l'alerte aux policiers, comme le lui avait demandé Javert ?

La brusque irruption de Javert et de ses hommes met fin à sa cruelle hésitation. Thénardier et tous les bandits sont arrêtés. Le mystérieux vieillard, lui, est parvenu à s'échapper, ce qui contrarie énormément Javert. Visiblement, c'est surtout le vieil homme qu'il aurait aimé appréhender.

Le lendemain, Gavroche vient rendre visite à sa famille. Il découvre le taudis vide et on lui apprend qu'ils sont tous en prison.

L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis, quatrième partie

Sur les traces de Cosette  1831-1832

La France connaît une nouvelle période de fébrilité politique. Louis Philippe est certes parvenu à affirmer son pouvoir, mais il doit affronter des opposants de plus en déterminés qui contestent le principe même du pouvoir monarchique. Des théories socialistes se font jour tandis que des sociétés secrètes effectuent un inébranlable travail souterrain. Il règne dans Paris et notamment dans les quartiers populaires une furtive effervescence. Les signes de contestation se multiplient, perceptibles au travers de plusieurs accrochages entre les ouvriers et les forces de l'ordre. Une fièvre révolutionnaire semble gagner certains quartiers de Paris, notamment au faubourg Saint-Antoine, où ouvriers et agitateurs se concertent. Enjolras et ses amis participent activement à ce bouillonnement

Marius a quitté la masure Gorbeau pour ne pas avoir à témoigner contre Thénardier suite à l'affaire de l'embuscade contre Jean Valjean. Il est allé vivre chez son ami Courfeyrac. Il semble peu concerné par cette effervescence politique qui règne à Paris. Une nouvelle fois le jeune avocat a perdu la trace de Cosette. Il passe beaucoup de temps à songer à la jeune fille et ses promenades songeuses le ramènent régulièrement dans les faubourgs de la ville, au lieu-dit "Le Champ de l'Alouette"; lieu-dit dont le nom ressemble à celui qu'évoquait Thénardier lorsqu'il préparait le guet-apens contre Jean Valjean. Eponine, la jeune fille de Thénardier, qui a échappé à la prison en raison de son jeune âge parvient à retrouver Marius qu'elle aime sans grand espoir. Elle a pu se procurer l'adresse de Cosette et propose à Marius de le conduire auprès de sa jolie rivale.

La Rue Plumet

Après plusieurs années passées au couvent, Jean Valjean a préféré faire connaître à Cosette la "vraie vie" plutôt que de lui faire courir le risque de devenir religieuse. Il a profité de la mort du vieux Fauchelevent pour quitter le couvent du Petit Picpus.

Il s'est installé avec elle rue Plumet, dans une maison discrète qui a l'avantage d'avoir une sortie secrète. Jean Valjean n'a gardé pour lui qu'une simple remise tandis qu'il a laissé à Cosette la confortable maison.

Cosette, d'enfant disgracieuse qu'elle était au sortir du couvent est devenue une jeune femme rayonnante. Elle est amoureuse en secret de ce jeune homme qu'elle avait rencontré au jardin du Luxembourg. Jean Valjean, ayant noté cette idylle naissante et éprouvant une secrète jalousie pour celui qui pourrait lui dérober " sa fille" avait alors décidé de mettre fin aux promenades du jardin du Luxembourg.

Un matin de l'automne 1831, au cours d'une promenade matinale, Cosette assiste par hasard à un convoi de forçats partant pour les galères. A la vue de ces galériens enchaînés, elle a une réaction horrifiée. Jean Valjean qui assiste à la scène ressent tout à coup la fragilité de son bonheur. Il suffirait que Cosette apprenne la vérité sur son passé pour que soudain, peut-être, tout s'écroule….

Autre incident qui contrarie Jean Valjean et qui lui rappelle son passé : l'agression dont il est victime, lors d'une de ses promenades. Un jeune voyou au regard arrogant tente de lui dérober sa bourse. Malgré son âge, Jean Valjean parvient à se défendre et à contenir le jeune brigand. Il le sermonne et lui montre les malheurs auxquels il s'expose : le bagne, les travaux forcés, une vie détruite… Suite à cette mise en garde, il donne sa bourse au jeune voyou.

La discussion a eu un témoin : Gavroche. Il s'approche du voyou que les propos de Jean Valjean ont déstabilisé et lui dérobe la bourse de l'ancien forçat. Gavroche la destine à un vieux chercheur désargenté, le père Mabeuf, dont Gavroche a surpris une conversation que le vieillard avait avec sa servante. N'ayant plus aucun argent, le vieil homme est menacé d'expulsion. La bourse que Gavroche a jeté par dessus la haie tombe aux pieds du vieil homme.

Cosette, elle, savourant l'arrivée du printemps retrouve sa bonne humeur naturelle. Elle en arriverait presque à oublier Marius. Plusieurs soirs, alors qu'elle est seule, Jean Valjean étant en voyage, elle aperçoit dans le jardin de leur maison un mystérieux rôdeur. Un autre jour, elle aperçoit, sur un des bancs du jardin, une pierre. Sous cette pierre, elle découvre une enveloppe contenant plusieurs pages manuscrites. Il s'agit du journal intime dans lequel un jeune homme évoque tous les sentiments et les émotions qu'il a éprouvés depuis qu'il l'a croisée, il y a quelques années, dans le jardin du Luxembourg. En lisant ces quelques pages, les yeux de Cosette s'enflamment à nouveau pour cet inconnu qu'elle avait elle aussi aimé. Ce soir là, dans le jardin elle a hâte de croiser ce mystérieux visiteur. Quelques minutes plus tard, Marius s'approche d'elle et lui déclare sa passion. Dissimulés par une végétation luxuriante, ils échangent leur premier baiser. Les deux jeunes amoureux se confient longuement l'un à l'autre et se dévoilent enfin leur prénom : Marius et Cosette.

Durant ce printemps 1832, ils se revoient souvent dans le jardin de la maison de la rue Plumet. La candeur de Cosette et la vertu de Marius magnifient ce grand amour. Pendant ce temps Thénardier, grâce à l'aide de Gavroche, est parvenu à s'évader de la prison. Il prépare avec ses complices un nouveau larcin. Ils ont en effet appris en prison qu'il y avait une cible idéale, rue Plumet : un vieil homme riche vivant seul avec sa fille.

Dans la soirée du 3 juin 1832, ils rôdent autour de la maison de Jean Valjean. Cosette et Marius, tout à leur amour ne s'aperçoivent de rien. Il faudra l'intervention courageuse d'Eponine, la propre fille de Thénardier, qui ne peut s'abstenir d'épier continuellement celui dont elle est amoureuse, pour empêcher les malfaiteurs d'accomplir leur délit. Elle ose faire obstacle à son père et ses complices et menace d'alerter le quartier s'ils s'obstinent. Finalement ils abdiquent et disparaissent.

Le bonheur de Marius et de Cosette sera éphémère. Cosette annonce à son amant que Jean Valjean lui a demandé de se préparer pour un long voyage en Angleterre. Ne pouvant se résoudre à cette séparation, Marius ne voit d'autres solutions que d'aller solliciter son grand-père , M. Gillenormand , pour lui demander l'autorisation d'épouser Cosette.

L'entrevue entre le vieil homme et son petit-fils a lieu dès le lendemain. Malgré l'amour qu'il porte à Marius, M. Gillenormand ne parvient pas à assouplir son attitude rigide et austère. Marius, lui, trop focalisé sur son amour pour Cosette, en oublie de montrer à son grand-père le repentir que ce dernier attend. Entre ces deux êtres pourtant si proches, mais qui ne parviennent pas à rompre la glace, c'est l'incompréhension totale. Le grand-père dans un réflexe de vieux libertin, conseille même à Marius de faire de Cosette sa maîtresse. C'en est trop pour le jeune romantique qui n'admet pas que son grand-père puisse déshonorer son amour. Il claque la porte, abandonnant le vieil homme à sa douleur.

Pendant ce temps, Jean Valjean acquiert la certitude qu'il lui faut fuir à nouveau. Une main mystérieuse jette à ses pieds un bref message : "Déménagez ! "

Le lendemain matin, lorsque Marius arrive rue Plumet, il découvre la maison vide. Désespéré, il est décidé à mourir. Une voix l'interpelle et lui indique que ses amis l'attendent sur une barricade. Il se dirige spontanément vers le quartier d'où proviennent des bruits de combat. En effet ce jour-là Paris connaît l'une des plus graves émeutes populaires du dix-neuvième siècle. Une foule immense et en colère assiste aux funérailles du général Lamarque, un des derniers survivants de l'armée napoléonienne. Très vite le peuple se retrouve face aux forces de l'ordre, c'est l'insurrection. Clameurs et coups de feu. Les premières barricades se dressent dans les petites rues du centre de Paris.

Gavroche, le visage rayonnant a dérobé un vieux pistolet dans une brocante. Il marche d'un pas décidé au travers des rues enfiévrées. Il rejoint un groupe de révolutionnaires à la tête duquel se trouve Enjolras, un jeune chef indomptable. C'est au cœur des Halles, dans une ruelle, au pied d'un cabaret, le Corinthe, que ce groupe décide de dresser une barricade. Ils renversent un omnibus. Puis c'est la distribution des armes et des munitions.

Soudain Gavroche, reconnaît dans le groupe, un homme de grande taille. Il s'agit d'un traître, d'un mouchard, qui s'est glissé au milieu du groupe d'insurgés : Javert. Ce dernier ne cherche pas à nier son identité. Le groupe le fait prisonnier et l'attache au poteau d'un cabaret.

Avertis par Gavroche de l'approche d'une troupe militaire, les révolutionnaires se mettent à leur poste de combat. Les premiers coups de feu des gardes nationaux éclatent. Le drapeau rouge qui flottait au sommet de la barricade tombe. Un vieil homme de 80 ans, le père Mabeuf, ce vieux savant que Gavroche avait secouru, s'empare du drapeau. Il se hisse au dessus de la barricade et agite le drapeau rouge. Il mourra sous le crépitement des balles en criant : "Vive la révolution, vive la république".

Enjolras profite de cet acte héroïque pour haranguer son groupe. Mais les forces armées attaquent la barricade, tuant d'autres insurgés. L'un des gardes nationaux s'apprête à frapper Gavroche lorsqu'une balle l'atteint en plein front. C'est Marius qui vient d'arriver sur les lieux du combat. On tire sur lui, mais un jeune homme s'interpose et le protège de son corps. Après avoir sauvé la vie de Gavroche, le jeune homme s'empare d'un baril de poudre et menace de faire sauter la barricade. Effrayés par une telle détermination, les gardes nationaux replient chemin.

La joie des insurgés sera brève. Un de leurs amis manque à l'appel. Il s'agit du poète Jean Prouvaire. Les forces de l'ordre l'ont capturé et on l'entend pousser un dernier cri lorsque les balles d'un peloton d'exécution résonnent dans les petites ruelles

Le sort de Javert est scellé. En représailles, le groupe décide de l'exécuter. Marius inspecte les environs. C'est alors que le jeune homme qui tout à l'heure s'est interposé pour lui sauver la vie, l'appelle. Il s'agit en fait d'Eponine, la fille de Thénardier qui, pour s'approcher incognito de Marius, s'est déguisée en ouvrier. Mortellement blessée, elle avoue au jeune homme la passion qu'elle éprouve pour lui, lui dévoile qui est Gavroche et lui donne un billet que lui a confiée Cosette à son intention.

Sur ce bout de papier, Cosette a juste eu le temps de griffonner l'adresse où ils se sont réfugiés avant leur départ pour Londres : Rue de l'Homme Armé. Grâce à ce mot, Marius comprend que Cosette ne l'a pas abandonné. Pourtant, toujours convaincu de l'impossibilité de leur amour, il reste décidé à mourir. Il rédige à son tour un billet à son intention; billet qu'il confie à Gavroche et qui annonce sa mort imminente.

Rue de l'Homme-Armé, Jean Valjean est extrêmement déconcerté. Il vient de découvrir par hasard, sur un buvard, le texte que Cosette vient d'adresser à son amant. Il est en train de vivre ce moment tant redouté : celui de perdre, Cosette, le seul être qu'il ait vraiment aimé. Il se sent révolté et éprouve alors une immense haine pour celui qui lui vole Cosette. Il descend alors dans la rue et s'assied sur une borne. Arrive alors Gavroche, qui avec son air enjoué, le délivre de sa sombre méditation. Il prend connaissance du billet que lui apporte gavroche e ressent un soulagement horrible, lorsqu'il apprend la mort prochaine de Marius.

Sa mission accomplie, Gavroche repart en chantant vers les barricades. Jean Valjean marche sur ses traces.

Jean Valjean, cinquième partie

La nuit s'achève. Le jour se lève, ce 6 juin, avec un goût amer pour les insurgés. Contrairement à leurs espoirs, le peuple de Paris ne les a pas suivis. Ils savent que leur combat est perdu. La barricade héroïque souhaite pourtant se battre jusqu'au bout. Personne ne veut abandonner la lutte. Marius et Enjolras parviennent difficilement à convaincre cinq hommes, ayant des enfants à charge, de quitter le combat. On leur donne les habits de gardes nationaux qui ont été tués pour qu’ils puissent fuir. Il n'y a en fait que quatre gardes nationaux tués, le cinquième ne devra son salut qu'à Jean Valjean qui vient d'arriver sur la barricade et qui jette son habit au cinquième père de famille.

Les insurgés défendant la barricade doivent maintenant affronter les canons. Les munitions se font de plus en plus rares. Profitant d'un court moment de répit, Gavroche se risque hors de la barricade pour récupérer les munitions des soldats qui ont été abattus lors des derniers échanges de coups de feu. Le "gamin de Paris" prend même un malin plaisir à chanter pour provoquer les gardes nationaux. Ceux-ci le prennent pour cible, tandis qu'il court en tous sens pour les agacer. Puis il tombe, fauché par une balle au milieu de sa chanson.

L'issue fatale du combat semble proche. Jean Valjean obtient, du groupe, l'autorisation d'exécuter leur otage Javert. Il emmène le mouchard à l'écart de la barricade, et au grand étonnement du policier tire plusieurs fois en l'air. Il lui rend sa liberté, après lui avoir indiqué son adresse.

Au même moment la barricade est prise d'assaut. Les amis d'Enjolras tombent les uns après les autres. Les derniers insurgés se retranchent dans une salle du cabaret. Les gardes les pourchassent. Tous vont être exécutés. Marius, lui, blessé, se sent saisi par une main énergique. C'est Jean Valjean qui parvient à l'arracher à une mort certaine. Il soulève une bouche d'égout et parvient à emporter le blessé, évanoui, sur son épaule.

La police descend à son tour dans les égouts et poursuit les fuyards. Jean Valjean manque de se noyer. Cette fuite dans l'obscurité est semée d'embûches et de pièges : culs de sac, amoncellements de boue, patrouilles de policiers… Son instinct lui permet de les éviter. Après une longue et épuisante marche dans les sous-sols de Paris, il atteint enfin une grille de sortie, mais celle-ci est fermée à clef. C'est alors que surgit Thénardier, lui aussi réfugié dans les égouts pour échapper à des policiers qui le traquent. Thénardier ne le reconnaît pas, mais est persuadé que l'homme en face de lui est un criminel portant sur son dos sa victime. Moyennant une forte somme, Thénardier lui propose d'ouvrir la grille. En fait, il espère, en laissant passer devant lui un autre homme, fournir une victime facile aux policiers qui l'attendent derrière la grille. A peine, est-il sorti, que Jean Valjean est arrêté par Javert qui attendait justement Thénardier derrière la grille.

Jean Valjean accepte de se constituer prisonnier à condition que Javert l'aide à ramener Marius, toujours évanoui, chez son grand-père. Jean Valjean demande ensuite à Javert une ultime faveur : se rendre chez lui. Javert accepte. Il l'accompagne rue de l'Homme-Armé, mais au lieu d'attendre sa victime, il disparaît. Depuis que Jean Valjean lui a sauvé la vie en ne le fusillant pas sur la barricade, Javert est bouleversé. Il découvre que les forçats peuvent être généreux. Ses schémas manichéens s'effondrent. Il ne supporte pas cette remise en question et va se jeter dans la Seine.

Pendant trois mois Marius se bat contre la mort. M. Gillenormand, son grand-père, le veille affectueusement. Trop heureux, lorsque son petit-fils est enfin rétabli, M. Gillenormand accepte même son mariage avec Cosette. Cosette, elle reçoit, de Jean Valjean, une dot de près de 600 000 francs, la totalité du trésor que M. Madeleine, alors maire de Montreuil sur Mer avait caché dans une clairière près de Montfermeil.

Le repas de noces a lieu dans les éclatants salons de M. Gillenormand. Tandis qu'en cette fin de soirée, Cosette et Marius, enfin seuls, goûtent " à ce grand bonheur sur lequel veillent les anges", Jean Valjean, se retrouve seul dans sa chambre. Il passe la nuit à pleurer, face à la valise, où il avait soigneusement gardé les vêtements de petite fille de Cosette.

A nouveau, il connaît un douloureux dilemme. Doit-il avouer à Marius, sa véritable identité , doit-il garder ce trop lourd secret ? Le lendemain, il a pris sa décision. Il avoue à Marius, qu'il est un ancien forçat et que Cosette n'est pas sa fille.

Marius est bouleversé par cet aveu. Il permet à Jean Valjean de continuer à voir Cosette. Mais très vite, il va éprouver de la répulsion pour cet ancien forçat et demandera au vieillard d'espacer ses visites puis de rompre tout contact avec Cosette.

Cosette, éblouie par son bonheur commence à oublier celui qui l'a élevée. Privé de sa "fille" adorée, Jean Valjean sombre dans le silence et la solitude Il tombe gravement malade et va mourir, seul, dans sa petite chambre. Ce qui anéantit, c'est la perspective de mourir sans revoir Cosette. C'est alors que l'on frappe à la porte. C'est Marius et Cosette qui d'un même cri appellent Jean Valjean : Père.

Marius a enfin pu découvrir toutes les qualités de l'ancien forçat. C'est lui qui l'a sauvé sur les barricades, et qui l'a ramené chez son grand-père, lui encore qui a laissé la vie sauve à Javert. Et tous ces gestes ont été accomplis avec la plus grande des discrétions.

Les deux jeunes époux se jettent aux pieds du vieil homme et le supplient de venir vivre avec eux. Ce moment remplit de bonheur Jean Valjean. Il puise dans ses dernières forces pour bénir le couple et évoque avec Cosette les jours heureux de leur vie ensemble et le souvenir de sa mère, Fantine. Il expire auprès de ses enfants en larmes.

Selon ses dernières volontés, il est enterré anonymement, comme un pauvre, dans un coin perdu du cimetière du Père-Lachaise. Quelques vers griffonnés rappelleront son étrange destin :

Il dort. Quoique le sort fût pour lui bien étrange.
Il vivait. Il mourut quand il n'eut plus son ange.
La chose simplement d'elle-même arriva,
Comme la nuit se fait lorsque le jour s'en va.

 

3 février 2011

LES MISERABLES

Les notions suivantes vous permettront de mieux comprendre le contexte historique de l’œuvre.

Quelques notions politiques et historiques

La monarchie est un système politique dans lequel le pouvoir politique est exercé par une seule personne, le monarque (mono : « un seul », en grec). En France, la monarchie est de droit divin : le roi tient son pouvoir de Dieu.

La démocratie : le sens originel est né à Athènes au Ve siècle avant Jésus-Christ, du grec demos, « peuple » et kratos, « puissance », « souveraineté ». La démocratie est un régime politique dans lequel le peuple détient le pouvoir.

La Deuxième République est la forme de gouvernement de l’État français du 24 février 1848 au 2 décembre 1852. Elle fait suite à la monarchie de Juillet et sera remplacée par le Second Empire.

La Deuxième République est le régime qui a instauré le suffrage universel masculin et aboli l’esclavage.

Louis-Napoléon Bonaparte (1808 - 1873) est le premier président de la République

française, en 1848. C’est la vague révolutionnaire de 1848 qui le conduit au pouvoir.

Le coup d’État du 2 décembre 1851 annonce le début du Second Empire : Louis-Napoléon

Bonaparte dissout l’Assemblée Nationale et rétablit le suffrage universel. Il devient ensuite l’empereur Napoléon III et exerce un pouvoir sans partage.

Le Second Empire est le régime bonapartiste de Napoléon III de 1852 à 1870, entre la Deuxième et la Troisième République. Imposé par le Coup d’État du 2 décembre 1851, ce régime se termine avec la défaite contre la Prusse.

La Troisième République est proclamée le 4 décembre 1870, après la défaite de la France contre la Prusse à Sedan. Elle se termine en 1940.

La Commune de Paris va du 18 mars 1871 jusqu’à la « semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871. C’est une période révolutionnaire au cours de laquelle le peuple de Paris, en lutte contre le gouvernement, s’organisa en Commune indépendante. Dans plusieurs autres villes de France (Marseille, Lyon, Saint-Étienne, Toulouse, Narbonne, Grenoble, Limoges),des communes indépendantes furent également proclamées. Toutes seront rapidement et cruellement réprimées.

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